Cahiers N°1

Généalogie de la famille Corrard et Corrard des Essarts

* * *

(Vous pouvez naviguer à partir de la table des matières et des liens des différents titres qui remplacent les numéros de page originaux.)

Les enfants de Théodore Jules Edmond CORRARD des ESSARTS
Ancien officier et juge de paix
Avocat à Lunéville

11 avril 1827 - + 20 avril 1907

7 enfants

Chapelle des Cordeliers à Nancy
Chapelle des Cordeliers où fut baptisé
Henri CORRARD des ESSARTS

1°) - Henri CORRARD des ESSARTS

Né à Nancy, le 11 septembre 1855, chez son grand-père maternel, Ernest GEORGE, 15bis Place Lafayette, mort le 19 octobre 1855 de choléra infantile. Inhumation à Préville.

3°) - Henri, Alphonse, Marie CORRARD des ESSARTS

Troisième enfant de Théodore Jules Edmond CORRARD des ESSARTS [et de Léonide GEORGE] né à Nancy 15bis Place Lafayette le 29 décembre 1860, baptisé à la Chapelle des Cordeliers à Nancy. Mort de diphtérie à Nancy, le 19 mars 1864. Inhumation à Préville.

2°) - Marie-Thérèse, Rose, Elisabeth, Anna CORRARD des ESSARTS

Marie-Thérèse Corrard des Essarts

Née le 11 septembre 1858 à Nancy, 15 bis Place Lafayette, baptisée à St Epure le 11 septembre 1858. Elle fait ses études et sa première communion au Grand Sacré-Coeur de Nancy, où elle est demi-pensionnaire, rentrant chaque soir chez son grand-père Nicolas-Joseph CORRARD des ESSARTS, conseiller à la Cour de Nancy.

Pensionnat du Sacré Coeur de Nancy

A la déclaration de guerre de 1870, elle rentre chez ses parents à Gerbéviller et ne retourne plus au Sacré-Coeur, terminant ses études à Gerbéviller sous la direction d'une jeune fille autrichienne, Melle PAPRITZ qui lui enseigne l'Allemand et le piano. elle a comme intime amie Melle Marie FROMENT1. Très pieuse elle fait partie des enfants de Marie.

En 1879 elle est à Lunéville, où son père est juge de Paix. Elle tombe gravement malade d'une pleurésie, laquelle, par ses adhérences la laissera fragile toute sa vie.

Très douée pour la musique, que lui enseigne l'organiste GASPARD, pour le dessin et le pastel que lui enseigne la Soeur Madeleine, du couvent de Ménil, à Lunéville;

De nombreuses propositions de mariage lui sont faites :

Louis Masse, administrateur en Cochinchine
Louis MASSE
administrateur en Cochinchine

Elle refuse tous ces partis, demeurant fidèle à un jeune administrateur colonial en Indochine, Louis MASSE, qu'elle a connu chez son oncle GEORGE, à Vézelise. Mariage peu encouragé par sa mère redoutant pour elle l'éloignement et dans son état de santé précaire, le climat colonial.

De ce fait elle ne se mariera jamais et restera toute sa vie avec ses parents.

Elle est du reste fréquemment malade et peu à peu abandonne les réceptions mondaines où, assez jolie et de tournure distinguée elle a eu beaucoup de succès.

Marie-Thérèse Corrard des Essarts

Elle écrit le journal de sa vie : des descriptions de Gerbéviller, où elle passe tous ses étés. Elle ébauche des romans qui ne verront jamais le jour. Elle tente d'utiliser son talent de pastelliste et de peintre sur porcelaine pour se créer des ressources, sans y parvenir. Très pieuse elle fait partie du tiers ordre de St François, Lunéville.

Au mois d'août 1914, elle est dans l'obligation de s'enfuir de Lunéville avec sa mère devant le bombardement et l'arrivée des Allemands. Elle demeure quelques jours à Mâcon, puisà Colombes chez sa soeur Elisabeth. De retour à Lunéville, elle est forcée en 1915, de quitter de nouveau son domicile devant le bombardement à longue portée par les Allemands. Elle passe la fin de l'année 1915 et tout 1916 et 1917 à Colombes. Sa mère y meurt le 20 mai 1916.

Rentrée à Lunéville, elle y traine alors une existence des plus modestes avec sa bonne, Maria NOIRCLAUDE. Elle est le plus souvent malade et s'affaiblit de jour en jour. Elle refuse de se rendre chez son frère Gabriel, alors en garnison à Wiesbaden. Elle meurt de consomption, atteinte d'albumine le 19 juillet 1920 à son domicile, 7 place Léopold. Inhumation à Préville, avec sa mère dans une tombe particulière.

Marie-Thérèse CORRARD des ESSARTS était assez grande, 1 m 68, mince, assez jolie et fine, distinguée, intellignece vive, musicienne, a laissé de nombreux portraits et tableaux au pastel; style facile, imagination vive, inquiète, assez d'originalité. Très dévouée dans ses soins à ses parents et surtout à sa mère dans les derniers temps.

Existence triste aggravée encore par un esprit chagrin et pessimiste, très pieuse, très croyante.

1NDW : La famille FROMENT restera très liée à notre famille : Anne FROMENT dite "Nano" était une amie très chère d'Anne CORRARD des ESSARTS, nièce de Marie-Thérèse et son frère, Monseigneur FROMENT a célébré le mariage de Dominique PISIER et du Lieutenant Etienne RENARD le 22 octobre 1960 à la cathédrale de Nancy.

Lettre "testament" écrite par Léonide CORRARD des ESSARTS à sa fille Marie Thérèse

Pour Marie Thérèse

Lettre testament de Léonide Corrard des Essarts née Georgé
Voir la lettre originale en intégralité

Ma bien chère Thérèse

Ma bien aimée fille

Je ne puis te remercier assez de tout ce que tu as fait pour moi au cours de cette longue maladie, de tous les soins que tu m'as donnés, de la tendresse et de l'affection dont tu m'as entourée, tu as supporté toutes les fatigues possibles, les angoisses et les craintes que tu as eues. Tu as épargné pour moi les douleurs les plus grandes en gardant pour toi le secret de la mort de ton frère, tu as subies toutes les privations imposées par la médiocrité de notre fortune, les jours et les nuits se sont passées à ne penser qu'à moi et à me rendre la vie moins amère, tu as perdu ta santé, ta jeunesse, tu as tout sacrifié pour moi, tu as été ma consolation, mon ange gardien et pour récompense je ne te laisseraique le souvenir de mon amour le plus tendre, de ma profonde reconnaissance. Si par ma faute, j'ai manqué de prévoyance pour ton avenir, c'est que les circonstancesne nous ont pas favorisées et que ta santé me donnait des inquiétudes, pardonnes moi si je n'ai pas songé assez à tonavenir; je te laisse dans les bras de ton frère Gabriel et de ta soeur Elisabeth que je remercie aussi des soins qu'elle a partagé de temps en temps avec toi pour me soigner. je leur recommande à tous deux d'être bons pour toi et de ne pas t'abandonner. J'espère que la mère de nos chères petites filles de Jules sera bienveillante pour toi en souvenir de leur père. Je demande à ton frère et à ta soeur de te laisser la jouissancee du peu que je laisse durant ta vie, et Louise et Alexis ne s'y opposeront pas, et je te laisse sous la garde de Dieu, du Coeur de Jésus et de Marie qui n'ont jamais abandonné les leurs. Je te couvre de baisers en te remerciant encore.
Ta mère qui t'aimait bien

L Corrard née Georgé

Tu étais l'enfant chérie de ton grand-père Georgé, tu aurais dû être la plus heureuse.
Je te recommande aussi à l'affection de ta bonne petite belle-soeur Louise, elle sera bonne pour toi, tu l'aideras à élever ses chers enfants Françoise et Jean
Je vous laisse toutes les deux mes chères filles et je vous bénis ainsi que Gabriel, vos beau-frère et belle-soeur et les petits enfants.

2°) - Marie Elisabeth, Anna CORRARD des ESSARTS

Elisabeth Corrard des Essarts
Elisabeth Corrard des Essarts 1889
Pastel (chez Martin)

Quatrième enfant de Théodore Jules Edmond CORRARD des ESSARTS, née à Nancy 15 place Lafayette le 17 avril 1863.

Elle fait ses études et sa 1ère communion au pensionnat du Grand Sacré Coeur de Nancy en qualité d'interne. elle revient à Gerbéviller chez ses parents pendant la guerre puis retourne au Sacré-Coeur jusqu'en 1878.

En 1879, elle habite Lunéville, 14 rue d'Alsace, et prend des leçons de littérature, musique, chant et dessin au couvent de Mesnil à Lunéville. Elle fait son entrée dans le monde à l'âge de 18 ans et obtient beaucoup de succès. Elle est très jolie, petite rondelette, gracieuse, très vive, remplie d'entrain et de gaieté, cheveux frisés châtains, yeux gris.

Elle fait beaucoup de photographie principalement dirigée par Mr HENRIET père. Les propositions de mariage se succèdent :

Son mariage - 21 juillet 1891

Le 21 juillet 1891, elle épouse son cousin germain, Alexis CORRARD des ESSARTS, fils de Ferdinand CORRARD des ESSARTS, architecte à Nancy, et lui-même négociant à Paris, 10 rue d'Uzès.

Cérémonie célébrée à St Jacques par l'abbé FRUMINET, curé de la paroisse. Parmi les témoins, le Marquis de LAMBERTYE - Gerbéviller. Nombreuse assistance. Après la cérémonie un lunch de 150 personnes est servi - voir page 154.

Après un court séjour à Belle-Vue et une tournée de famille, le nouveau ménage s'installe à Paris 148 Boulevard de Magenta, entre-sol.

Naissance de Michel - 24 avril 1892

Elisabeth, son fils Michel, Alexis et Léonide CORRARD des ESSARTS
Elisabeth et Alexis CORRARD des ESSARTS
leur fils Michel et sa grand-mère - Gerbéviller

Le 24 avril 1892, naît à Paris, Boulevard de Magenta, un fils, Léon Michel. Accouchement pénible opéré par le Docteur BOUEL de Brunoy. Les jours de la mère sont pendant quelques heures en danger. Elisabeth, étant jeune fille, avait déjà été soignée pour troubles particuliers et avait fait une saison aux eaux de Plombières.

En 1894, chez ses grands-parents à Lunéville, au mois de juin, Michel est gravement malade d'une broncho-pneumonie.

Peu après, le ménage s'installe 178 Boulevard Péreire, bel appartement au 1er étage2. Elisabeth y est parfaitement heureuse. Les affaires de son mari sont en pleine prospérité. Elle est reçue partout avec une amicale cordialité, notamment par la famille BOUEL, installée alors rue de Rennes à Paris et à Brunoy.

Elle fait quelques voyages et des séjours d'assez longue durée, au bord de la mer, à St Caix, chez ses cousins CLAVEL et à Monaco chez son beau-père Ferdinand CORRARD des ESSARTS. Elle passe les vacances à Gerbéviller. En 1903, commencent les soucis avec le déclin du commerce de la rue d'Uzès. cf. pages 156 et suivantes

2 Elisabeth habite successivement 148 Bd Magenta, 178 Bd Péreire, 4 rue Cuvier à St Germain, 6 rue Pétrelle et à compter du 19 septembre 1904 28 Bd Gambetta à Colombes.

Fugue de Michel à la Légion

Le 6 août 1909, Michel quitte le domicile paternel pour s'engager à la Légio Etrangère, en Algérie.cf. pages 172 et suivantes

En 1908 son frère Jules CORRARD des ESSARTS est entré comme commanditaire à la rue d'Uzès. Brouille entre les deux beaux-frères cf. pages 160 et suivantes

Michel s'engage en 1910 au 2ème Bataillon de Chasseurs à Pied à Lunéville. Il est ensuite affecté, pour raisonde santé, au 28ème de Ligne à Paris, Caserne de la Pépinière, aujourd'hui Cercle Militaire.

1914 - La Guerre

Villa de Colombes - Alexis et Elisabeth CORRARD des ESSARTS
La villa d'Alexis et Elisabeth à Colombes

Michel disparaît à Loivre devant Reims au cours de la Bataille de la Marne cf. pages 174 et suivantes. A ce moment, sa mère et sa soeur Marie-Thérèse, fuyant l'invasion, sont venues se réfigier à Colombes, où le ménage est installé depuis 1906.

La liquidation de la maison de commerce s'est faite en janvier 1914. La situation est devenue des plus modestes. Plus de domestique. Pour diminuer le prix du loyer, le 2ème étage de la villa de Colombes est loué à des étrangers.

En 1916, sa mère, Mme veuve CORRARD des ESSARTS, née GEORGE, meurt à Colombes. Sa soeur Marie-Thérèse continue à habiter chez elle jusqu'en 1918. Elle revient ensuite à Lunéville où Elisabeth l'aide pécunièrement de son mieux.

Accablée de chagrin, par la mort de son fils, chagrin qu'elle dissimule de son mieux devant son mari, elle est assez sérieusement malade : étourdissements dont on ne découvre pas la cause. Son mari lui-même souffre de la goutte, eczema généralisé et début d'une maladie de vessie.

En 1923, le 27 novembre, son mari meurt à Colombes de la maladie dont il souffrait dpuis quelque temps. Elisabeth se trouvant seule, sous-loue la plus grande partie de la villa qu'elle habite à Colombes, à son neveu Léopold LEMARQUIS, époux d'Alice HALLAM et père de deux fils jumeaux, Georges et Maurice LEMARQUIS.

Elisabeth partage son temps entre Colombes et Pontivy (Morbihan), où son frère Gabriel commande le 2ème Régiment de Chasseurs à Cheval. Elle s'y trouve heureuse, entourée de l'affection de sa belle-soeur Louise BOUEL et de ses neveux et nièces, Françoise, Jean et Annette CORRARD des ESSARTS.

Sa santé s'est à peu près rétablie. elle a cependant de grands soucis d'argent et se débat dans de nombreuses difficultés. Elle a employé la plus grande partie des dommages de guerre provenant de la destruction, du fait des allemands, de la propriété de son mari à Belle-Vue, à la construction d'une maison de rapport à Nancy, rue Emile Gebhard, n° 34. Les paiements de l'Etat sont en retard, les entrepreneurs réclament et menacent d'abandonner les travaux, lesquels sont interrompus pendant près d'une année.

Grâce à un emprunt de 25 000 fr au Crédit Foncier, un autre de 15 000 fr à un Mr Blanc de Nancy, à intérêt de 9%, un troisième emprunt de 10 000 fr à son frère Gabriel, les créanciers sont réglés; la maison se trouve terminée vers 1924 et les premiers locataires s'installent. La situation d'Elisabeth se trouve ainsi améliorée, grevée cepandant des hypothèques et emprunts à rembourser.

Elisabeth part au Maroc

En 1926, son frère Gabriel est nommé colonel au 22ème Spahis Marocains à Marrakech. Elisabeth accepte le le suivre et s'embarque en fin septembre de la même année sur le bateau Maréchal Lyautey.

Affiche Maroc Paquet Le paquebot Maréchal Lyautey

La décision a été motivée, en plus de l'affection qu'elle pouvait avoir pour son frère, par le fait que Alice HALLAM, épouse de Léopold LEMARQUIS, sous-locataire d'une partie de la villa de Colombes, lui a fait sentir qu'elle était de trop dans la maison et qu'elle ait à s'en aller ailleurs.

Elisabeth loue alors un tout petit appartement à Colombes où elle installe provisoirement son mobilier pendant son séjour au Maroc qui ne devra pas dépasser deux années.

A Marrakech, sa santé est bonne; elle paraît s'y trouver aussi heureuse que possible après ses chagrins et ses deuils. Elle supporte gaiement les chaleurs de l'été et les inconvénients d'une installation rudimentaire.

La chapelle de soeurs au Guéliz
La chapelle des soeurs au Guéliz - construite en 1919

Le 13 janvier 28, à son lever, elle se trouve reprise des étourdissements dont elle avait souffert quelques années auparavant. Vomissements, fièvres, coliques violentes. Les médecins appelés demeurent perplexes, hésitants entre une crise de dysentrie amibienne ou la fièvre typhoïde. Le 16 janvier, une hémorragie intestinale se déclare. L'état va empirant. Elle reçoit en toute connaissance et piété les derniers sacrements. Dans l'après-midi, une syncope faillit l'emporter. En se réveillant, elle prononce ces simples mots en souvenir de son fils : "St Michel, priez pour nous."

Le 27 au soir, après avoir répondu à la prière habituelle, dite à haute voix par Madame BARDET, femme d'un capitaine du 22ème Spahis, venue l'assister;après avoir récité d'une voix entrecoupée les litanies des Saints, elle s' endort d'un sommeil agité.

Le 28 janvier, à 5 heures du matin, elle s'éteignait sans s'être réveillée. Le diagnostic final était fièvre typhoïde (elle n'avait pu être vaccinée) avec hémorragie intestinale. La cérémonie funèbre est célébrée le 29 janvier, en la chapelle des soeurs au Guéliz, au milieu d'une assistance nombreuse d'officiers et d'amis, dont le Général et Madame HURE.

Inhumation provisoire au dépot mortuaire du Guéliz, en attendant son transfert à Nancy qui aura lieu au mois de juillet suivant. Inhumation définitive dans le caveau familial de Préville dont elle occupe la dernière place vacante, aux côtés de son mari.

5°) - Jules, Marie, Joseph, Henri CORRARD des ESSARTS

Jules Corrard des Essarts

Collège de la Malgrange - Nancy

Cinquième enfant de Théodore,Jules Edmond,CORRARD des ESSARTS, né à Nancy,15 bis Place Lafayette, le lundi 6 mars 1865. Il fait ses premières études et sa 1ère communion, comme interne, au Collège de la Malgrange à Nancy. en 1879, il entre comme externe en classe de 3ème au Collège Bx Pierre Fourrier à Lunéville, où son père vient d'être nommé juge de paix.

En 1882, il est reçu au baccalauréat ès-lettres 1ère partie, et l'année suivante, à la philosophie. Il se destine à la carrière militaire mais, se trouvant peu de disposition pour les mathématiques, il bifurque vers le droit dont il suit les cours à la faculté de Nancy, tout en continuant à habiter chez ses parents à Lunéville.

Il est licencié en droit en 1887, prépare quelque temps le doctorat qu'il abandonne comme trop onéreux, et fait son servic"e militaire en qualité de volontaire d'un an au 94ème de Ligne à Bar le Duc. Il sort n°1 du cours avec le grade de caporal, refusant celui de sous-lieutenant dans la réserve.

NDW : Si l'on considère que plus tard il engage à son service son ancien ordonnance du 94ème Régiment d'Infanterie, on peut supposer qu'il a tout de même fait un peloton d'officiers...

94° Régiment d'Infanterie à Bar le Duc Le foyer du 94° Régiment d'Infanterie à Bar le Duc

De retour du régiment, il passe quelques jours à Monaco, chez son oncle Ferdinand CORRARD des ESSARTS, puis fait partie d'un pélerinage lorrain à Rome, où en compagnie de TRAXELLE, CASTARA et autres, il est reçu en audience solennelle par le Pape Léon XIII. Vision inoubliable qui le suivra toute sa vie.

Il se fait inscrire en 1889, comme avocat au barreau de Lunéville et commence à plaider. Peu d'affaires, débuts modestes, malgré un réel talent de parole.

Déjà, la politique l'attire. Comme étudiant en droit, il est affilié au parti socialiste-chrétien qu'Albert de MUN3 forme à Paris. Avec ses amis étudiants, de jeunes avocats, BECKER, CASTARA, MEQUILLET, de NICEVILLE etc., il parcourt chaque dimanche les villages voisins, faisant des conférences qui réunissent le plus souvent un auditoire sympathique. Le pays se trouve en pleine crise de Wilsonisme, Panama, Boulangisme, manifestations de la ligue des patriotes, affaire Dreyfus.

A Lunéville même, Jules CORRARD des ESSARTS devient un des dirigeants du cercle catholique d'ouvriers dont il organise l'extension, de concert avec M STEF. il coopère aux oeuvres d'assistance ouvrières : achat de charbon en commun, bureau de placement principalement en faveur des alsaciens-lorrains libérés de la Légion Légion Etrangère où ils sont venus servir en grand nombre, ne voulant pas être soldats allemands. Sa popularité grandit chaque jour dans les milieux ouvriers qui reconnaissent en lui leur défenseur et leur guide.

A ce moment, le conseil municipal de Lunéville est composé en totalité de radicaux bourgeois, braves et honnêtesgens pourn laplupart, mais inféodés aux doctrines anti-cléricales alors en vogue dans tout le pays. aux élections municipales de 1896, son influence sur les ouvriers fait entrer au conseil les deux principaux chefs de l'opposition libérale, Mrs Edmond GUERIN et Georges KELLER, directeur propriétaire de la faïencerie de Lunéville. La brèche est ouverte.

Aux élections législatives de 1898, personne dans le parti libéral n'ose affronter la lutte, tellement la situation électorale du député sortant, Théophile FENAL, faïencier à Pexonne, semble inattaquable. A 8 jours des élections, CORRARD se présente seul, sans comité, sans appui, sans argent, sous l'étiquette de " Candidat catholique républicain,anti-juif". Ses adversaires politiques le prennent en dérision : la bourgeoisie réacionnaire le considèrent comme un socialiste dangereux, mais le clergé des campagnes qui a retrouvé sa liberté par l'abrogation du concordat, marche comme un seul homme en sa faveur.

la lutte est rude, les ouvriers n'abandonnent pas leur candidat. les manifestations se succèdent en sa faveur aux cris de "Vive CORRARD, à bas les juifs". On est encore en plein dans l'affaire Dreyfus. Les affiches électorales se succèdent, violentes, parfois insultantes. a un manifeste du parti radical présidé par Mr ERARD, meunier à Jolivet, qui reproche à CORRARD d'être avocat sans cause, entretenu par ses parents,CORRARD répond par l'affiche suivante qui donne le ton des polémiques en cours :

"Monsieur FENAL qui a fui toutes les réunions publiques où chacun aurait pu exposer son programme, me fait insulter par Mr ERARD.
Mr ERARD me reproche d'être avocat sans causes. Je ne lui reprocherai pas, moi, d'être meunier sans sacs de blé dans ses greniers.
Ouvriers qui avez vu le prix du pain augmenter ces jours derniers, vous en savez quelque chose.
A bas les spéclateurs et mépris aux insulteurs qui reprochent à un démocrate de n'être pas riche."

Au dépouillement du scrutin, après une campagne de 8 jours, au cours de laquelle il n'a pu visiter tous les villages, CORRARD obtient 8 500 voix contre 11 000 à son concurrent Mr FENAL

Du coup, son nom est en vedette. Aux élections de 1902, un comité se forme composé par Mrs MICHAUX, directeur des cristalleries de Bacarrat, de KLOPSTEIN,directeur de la fabrique de glaces de Cirey, de BOUVIER, gros propriétaire influent de Bayon, de TURCKEIM de l'usine des wagons, GUERIN, directeur de la faïencerie de Lunéville. Des représentants des ouvriers font partie du comité, l'argent afflue.

Le parti radical est en désarroi. Il est difficile de trouver un homme capable de lutter contre le favori des travailleurs, qui est lui-même documenté sur toutes les questions sociales, ardent à la lutte et orateur populaire d'un réel talent. en désepoir de cause on se rabat sur la maire de Lunéville, Mr RIBIERRE, ex-pharmacien, homme de mince valeur mais populaire dans la ville par sa bonhommie et son laisser-aller. Au scrutin, CORRARD arrive en tête avec 10 500 voix, contre 9 000 à son concurrent.Il n'a pas la majorité absolue, il y a ballotage ...

Au second tour, dans le but d'enlever à CORRARD les suffrages de la campagne, le parti radical lui suscite un nouvel adversaire en la personne de Mr SUISSE, cultivateur-propriétaire à Monel, vice président du comice agricole. Mr SUISSE est un républicain libéral, très honnête homme mais résolument hostile aux idées sociales du Comte de MUN, mises en valeur dans l'arrondissement par la candidature CORRARD.

Le Comte Albert de MUN

Jacques Piou

NDW : Adrien Albert Marie, comte de MUN, né au château de Lumigny (Seine-et-Marne) le 28 février 1841 et mort à Bordeaux le 6 octobre 1914, est un député royaliste français, élu de Morlaix (Finistère) et théoricien du corporatisme chrétien. Siégeant à l'extrême-droite, il est légitimiste et défend la Restauration monarchique jusqu'à la mort du comte de Chambord et l'encyclique Au milieu des sollicitudes (1892) prônant le ralliement des catholiques à la République. Adversaire du libéralisme comme du socialisme, il défend nombre de réformes sociales dans un esprit particulier, inspiré du corporatisme d'Ancien Régime: c'est ainsi que sa pensée influença différents mouvements chrétiens, d'abord du christianisme social, puis de tendances opposées comme la démocratie chrétienne ou la gauche chrétienne. Ayant soutenu un temps le général Boulanger puis devenu anti-dreyfusard, il fonde l'Action libérale populaire après la victoire du Bloc des gauches en 1902, s'opposant de façon virulente à la loi de séparation des Églises et de l'État, puis défend le réarmement de la France.

Au cours de cette semaine, les réunions toujours contradictoires et publiques tenues par CORRARD se succèdent sans interruption. Elles sont souvent tumultueuses et violentes. A Gerbéviller, que la famille CORRARD habite depuis 1865, le candidat, malgré sa grande habitude des assemblées électorales a beaucoup de mal à se faire entendre. On lui reproche son intimité avec le Marquis de Gerbéviller ; la conduite réactionnaire de son père au 16 mai, alors qu'il était juge de paix - voir page 191. On le traite alternativement de calotin, de royaliste, de révolutionnaire.

Député de Lunéville - le 11 mai 1902

Au soir du scrutin, les voix se répartissent de la façon suivante :

Des manifestations enthousiastes ont lieu toute la soirée devant la demeure de Jules CORRARD et au siège de son comité.

La Lorraine s'est donc libérée d'un coup du bloc Dreyfusard et Combiste. en effet, MARIN, GERVAISE, de LUDRE sont élus à Nancy, LEBRUN dans la Meuse, FERETTE dans les Vosges, tous députés nationalistes.

Grâce aux efforts de CORRARD, en 1904 la majorité du conseil municipal est elle-même renversée. Henri CASTARA devient maire; les radicaux ne possèdent plus que 3 voix, RIBIERRE, MAQUILLET et LANGENHAGEN. CORRARD était lui même entré au conseil municipal en 1900.

Le nouveau député s'installe à Paris, boulevard Malesherbes. Il prend à son service son ancienne ordonnance du 94ème de Ligne, H HEBERT, qu'il fera entrer à la Préfecture de Police comme gardien de la paix et qui fera fortune plus tard comme directeur d'une biscuiterie aux environs de Paris.

Il est inscrit au parti national présidé par Jacques PIOU

Jacques PIOU - fondateur de l'Action libérale populaire

Jacques Piou

NDW : Jacques PIOU, né le 6 août 1838 à Angers (Maine-et-Loire) et mort le 12 mai 1932 à Paris, était un homme politique français. Avocat, député de la Haute-Garonne de 1885 à 1893 puis de 1898 à 1902, il est ensuite député de la Lozère de 1906 à 1919. Il joua un rôle déterminant dans le ralliement des catholiques à la République, sera le fondateur du premier parti politique, au sens moderne du terme, de centre-droit, et sera de 1898 à 1918 l'un des principaux leaders politiques catholiques français.

Après une brève mais brillante carrière d'avocat, il abandonna le barreau de Toulouse à 38 ans pour se lancer dans la politique. Monarchiste libéral, ami et conseiller politique du comte de Paris, l'un des leaders, avec le baron de Mackau, de l'Union des Droites de 1885 à 1888, Jacques Piou devint après les élections de 1889 le leader des catholiques ralliés à la République en formant au Parlement avec le prince Auguste d'Aremberg, le groupe de la droite constitutionnelle. Il est battu aux législatives de 1893, les voix royalistes ayant préféré voter contre lui plutôt que pour un rallié, ce qu'elles avaient également fait pour Albert de Mun.

Il fonda en 1901 avec Albert de Mun et l'appui de Léon XIII l'Action libérale populaire, qui comptera au sommet de sa gloire 2500 comités, 280000 cotisants et 70 députés.

L'Action libérale populaire, qui fut le premier parti politique de droite à être solidement organisé, se déclarait constitutionnelle et entendait œuvrer à la défense de toutes les libertés au premier rang desquelles elle plaçait la liberté religieuse menacée par Combes et ses successeurs. Jacques Piou en assura la présidence jusqu'à sa mort et exerça sur elle une autorité sans partage.

La politique de Jacques Piou, qui cherchait à réconcilier, dans le respect des institutions républicaines, les catholiques avec la République et les républicains avec l'Église de France, fut vivement combattue sur sa droite par les royalistes, par l'Action française, en particulier de Charles Maurras et de Léon Daudet (qui surnommait ses troupes les « piou-piou »), et par les catholiques intransigeants que révulsaient son libéralisme et sur sa gauche la plus proche par les démocrates chrétiens qui la trouvaient trop conservatrice et par les républicains modérés qui la trouvaient trop marquée par le catholicisme.

Il trouva ses concours les plus efficaces chez les catholiques sociaux et les catholiques libéraux, frères ennemis qu'il réussit à faire vivre ensemble dans son parti, ce qui était déjà un exploit. S'il ne parvint jamais à coaliser, comme il l'avait rêvé, toutes les forces du centre-droit, il n'en fut pas moins, jusqu'en 1918, la personnalité politique de droite la plus influente au Parlement.

Caricature jules Corrard des Essarts - Abbé Delsor
Caricature de Jules Corrard des Essarts et de l'abbé Delsor

Comme député, il prend pour la première fois la parole à la tribune de la Chambre, en février 1903, dans l'affaire de l'Abbé DELSOR

L'Abbé DELSOR, ancien député protestataire au Reischtag pour l'arrondissement de Ribeauvillé, est un des hommes les plus influents et l'un des chefs du parti autonomiste d'alors, dont la doctrine tient en ces mots :

"Ne pouvant être Français
Ne voulant pas être Allemands
Nous serons Alsaciens"

L'Abbé DELSOR de passage à Lunéville est invité par Corrard à faire dans la salle des fêtes du Cercle catholique deLunéville, une conférence sur l'Alsace destinée aux Alsaciens et à leur famille, conférence n'ayant aucun but politique puisque femmes et enfants y sont conviés.

Au moment où il se rend à cette réunion, à 8 heures du soir, l'Abbé DELSOR est interpellé par le Commissaire de police de la ville qui lui notifie un arrêté immédiat d'expulsion du territoire français. L'arrêté dans lequel l'Abbé DELSOR est qualifié de "sujet allemand" est signé du Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur, Emile COMBES et mis à exécution à l'instant même. L'Abbé DELSOR regagne la frontière à Avricourt sous la garde depoliciers en civil.

L'événement est passé inaperçu à Lunéville, mais les journaux s'emparent de l'affaire qui produit une grande effervescence non seulement en Lorrainne mais en Alsace annexée, où elle satisfait grandement le parti allemand.<:p>

Le gouvernement Combes - 1902
Caricatures du Gouvernement Combes - 1902

Corrard interpelle le Gouvernement. dans son discours à la Chambre, discours reproduit dans tous les journaux de l'opposition, il relate les faits simplement et sans annimosité, au sujet de l'Alsace puis s'arrimant, paraphrasant la parole de Gambetta : "Pensons y toujours, n'en parlons jamais" il prononce ces mots qui emportent les applauissement de la plus grande partie de l'assemblée : "Ce silence, Mr le Président du Conseil, que nous n'avons jamais considéré comme l'oubli, vous l'avez interrompu volontairement sans y être contraint par aucune nécessité ; vous l'avez interrompu sciemment, sachant que vous alliez blesser les Alsaciens - Lorrains par les mots "sujet allemand" ; vous l'avez interrompu d'un verbe brutal, comme si vous aviez voulu abolir un rêveen réveillant une douleur."

Dans sa réponse assez vague, le ministre COMBES affirme que par l'expulsion de l'Abbé DELSOR, il a voulu seulement empêcher le retour des scènes tumultueuses dont Lunéville est souvent le théâtre, et sur les mots "sujet allemand", ne sont qu'un terme administratif. Puis il attaque violemment l'AbbéDELSOR en sa qualité d'autonomiste et accuse les partis de l'opposition principalement en Lorrainne de jouer du patriotisme dans un but électoral. RIBOT prend alors la parole et, dans une magistrale improvisation, fustige le Ministère tout entier. Il l'accuse de ne rien comprendre à l'äme alsacienne et par son décret d'expulsion, d'avoir encouragé le mouvement de désaffection à la Frnce, poursuivi depuis 30 ans par l'Allemagne. Au scrutin, la majorité du Ministère COMBES qui est normalement de 150 voix, est descendu en dessous de 50.

Au cours de la législature, CORRARD devait encore prendre plusieurs fois la parole sur des questions administratives. Il est appelé dans de nombreuses villes pour y faire des conférences politiques, notamment à Lyon et Genève.

Son mariage 25 avril 1904

Le 25 aril 1904, il épouse à Nancy Marie-Antoinette DIDIERJEAN, née en 1874, fille du Comte DIDIERJEAN, décédé (Comte du pape), ancien directeur des critalleries de St Loui, en Lorrainne annexée. Cérémonie célébrée à St Epvre par l'Abbé FRUMINET, curé de Lunéville. témoins : les députés de Nancy, Comte de LUDRE et GERVAISE. Lunch assis au grand hotel de Nancy - dot 400 000 fr. Le nouveau ménage s'installe à Paris, 182 Boulevard Péreire.

Naissance de Bernadette

Le 16 septembre 1906, naît une fille, Bernadette, et en 1911 une seconde fille, Marie-Antoinette, qui épousera le 4 juin 1934 Mr André IMBERNOTTE, industriel à Courbevoie. De ce mariage :

Les élections de 1906

Aux élections législatives de 1906, CORRARD se présente de nouveau dans l'arrondissement de Lunéville. La lutte électorale est rude. Les campagnesont été fortement travaillées par le parti radical battu en 1902. L'adversaire, candidat officiel, Raoul MEQUILLET, avocat de talent à Lunéville, transfuge du parti royaliste (il a naguère été saluer le Comte de Paris en Suisse) est ardemment soutenu par tout le fonctionnarisme de l'arrondissement. Au reste, CORRARD semble avoir perdu de son ardeur et de son enthousiasme d'autrefois. Il est désabusé, fatigué, peut-être souffre-t'il déjà de la maladie qui l'emportera quelques années plus tard. Pourtant, le monde ouvrier à qui chaque année il a rendu compte de ses mandats lui reste fidèle, mais beaucoup d'hésitants se rallient au candidat qui dispose des faveurs gouvernementales.

Au scrutin, CORRARD obtient plus de 11 000 voix, MEQUILLET 10 500. Il y a ballotage. C'est une grave désillusion pour les partisans de CORRARD. Ils se découragent et au scrutin suivant, MEQUILLET est élu avec 100 voix à peine de majorité.

Sans situation désormais, CORRARD hésite à reprendre sa robe d'avocat, à demeurer dans la politique en écrivant dans les journaux, ou a chercher une situation dans une société où ses connaissances en droit pourraient lui servir. Dans tous les casil ne veut pas rentrer à Lunéville où, par la politique, il s'est fait denombreux ennemis, non plus qu'habiter Nancy, où sa femme a conservé dans la haute bourgeoisie, des relations ou une parenté qui lui déplaisent.

Il entre à la rue d'Uzès - 1908

En 1908, il entre comme commanditaire appointé dans la maison de commerce de son beau-frère Alexis, 10 rue d'Uzès, avec un apport de 280 000 fr, constitué par une bonne part de la fortune de sa femme. Il vient de perdre sa belle-mère, Madame DIDIERJEAN, ainsi que le frère de sa femme, Antoine DIDIERJEAN, capitaine d'Artillerie. les affaires de la rue d'Uzèsvont mal et il s'en retire peu après. voir page 158 et suivantes.

Sa maladie dernière

Il est déjà sérieusement malade, se plaint de douleurs à la nuque et doit faire, sans résultat, une saison aux eaux de Martigny près Vittel en 1909. Au cours de 1910 son caractèrechange, il devient violent, perd la mémoire, parle beaucoup,se montre d'une générosité excessive. les médecins inquiets demandent une consultation du célèbre docteur BABINSKY, neurologiste, lequel diagnostique un début de paralysie générale et prescrit sontransfert dans une clinique.

Il entre dans une maison de santé à Vanves,près de Paris où, après une ou plusieurs périodes de rémission il s'affaiblit moralement et physiquement de jour en jour. Il se rend parfoiscompte de son état, mais leplus souvent demaure indifférent à tout ce qui l'entoure, même à sa famille.

Naissance de sa seconde fille Marie-Antoinette

Le 20 janvier 1911, naît à Paris, Avenuede la Grande-armée où il a installé sa familleavant d'entrer dans la maison de santé de Vanves, sa seconde fille, Marie-antoinette, qu'il ne connaîtra pas.

Sa mort le 18 septembre 1911

Il meurt doucement, le 18 septembre 1911 dans la maison de santé de Vanves. Inhumation provisoire au cimetière de St Ouen, en attendant son transfert à Nancy, dans le tombeau de famille de Préville, lequel aura lieu en 1912.

Sa veuve

Sa veuve, Marie-Antoinette DIDIERJEAN, se remarie en 1913 avec Mr BARDEL de JUGNAC, directeur à Paris d'une agence de banque. elle en aura un fils, Charles BARDEL.

Ses enfants

Du mariage de Jules CORRARD des ESSARTS avec Marie-Antoinette DIDIERJEAN sont nées :

Physique & caractère

Jules CORRARD des ESSARTS était grand, 1 m 75, fort, très vigoureux, cheveux et yeux noirs. Au moral remarquablement intelligent, une mémoire imperturbable, travail facile et rapide.

Catholique convaincu et pratiquant ; caractère le plus souvent gai avec des emportements parfois excessifs. Un réel talent d'orateur populaire, une grande facilité d'improvisation, la répartie facile, parfois féroce.

6°) - Georges, Marie, Alphonse CORRARD des ESSARTS

25 mai 1867 - 20 octobre 1907

Georges Corrard des Essarts

Collège de la Malgrange - Nancy

Georges CORRARD des ESSARTS, est né à Gerbéviller, maison GAILLOT, le 25 mai 1867.Il commence ses études comme interne au Collège de la Malgrange à Nancy, ensuite à Lunéville, à partir de 1879, au Collège Bx Pierre Fourrier. en 1886, il entre au Collège municipal de Lunéville pour préparer son baccalauréat ès-sciences.

Il échoue à son examen et s'engage en 1887 au 12ème Dragons, à Commercy.

[NDW : Il y a soit erreur sur le numéro du régiment, soit sur la garnison, le 12ème Dragons était en garnison à Pont à Mousson depuis la guerre de 1870 et jusqu'en 1914. Si c'est bien à Commercy, il s'agit du 4ème Dragons qui y tenait alors garnison.]

Le 12° Dragons à Pont à Mousson

Au régiment

Brigadier au bout de quelques mois, il est victime d'un accident de cheval à la jambe gauche qui le tient longtemps indisponible. Rentré au corps, il est atteint de varicelle d'origine tuberculeuse, assurent les médecins, et réformé n° 2. La tuberculose n'existait heureusement pas, mais au début de 1890, il est frappé d'une grave congestion cérébrale dont il ne guérira pas.

Il est frappé de congestion cérébrale

Paralysé du côté gauche, la jambe se remet peu à peu et il arrive à marcher en traînant le pied, mais la main restera toujours inerte. Incapable de travailler, il demeure chez ses parents où il tombe malade d'une affection du foie.

Sa mort - 20 octobre 1907

Il meurt à Gerbéviller, le 20 octobre 1907. Inhumation à Préville. (Cimetière de Nancy)

7°) - Paul, Marie, Ernest, Alfred, Henri dit Gabriel CORRARD des ESSARTS

Collège Bx Pierre Fourrier - Lunéville

5 décembre 1869 - 20 août 1962

Gabriel, Paul, Marie, Ernest, Alfred, Henri CORRARD des ESSARTS, 7° et dernier enfant de Théodore Jules CORRARD des ESSARTS et de Léonide GEORGE est né à Gerbéviller le 5 décembre 1869.

Ses études.

Il fait ses études au Collège Bx Pierre Fourrier à Lunéville, est reçu bachelier, réthorique en 1888

Soldat 1889

S'engage au 7ème Dragons à Lunéville. Est reçu à Saumur en 1896, n°15 sur 60 inscrits. En sort avec le n°6.

Le Lieutenant Gabriel Corrard des Essarts au 1° RCA
Le Lieutenant Gabriel Corrard des Essarts au 1° RCA

Officier 1897

Sous-lieutenant au 1er Chasseurs d'Afrique. Il est en Algérie de 1897 à 1902, puis au 4ème Chasseurs à Epinal d'où il est envoyé au cours de lieutenants d'instruction à Saumur. En sort avec le n° 11 sur 60. En 1906, il est affecté au 1er Spahis Sénégalais. Il fait campagne en Mauritanie, Brakna. A un engagement heureux avec des Maures pillards, à la suite duquel il est cité à l'ordre et fait chevalier de la Légion d'Honneur. En fin 1908, il est au 15ème Chasseurs à Chalons, passe capitaine au 2ème Spahis, région de Bou-Denib, confins Sud Algéro-Marocain.

Son mariage

Le 24 avril 1911, il épouse à Brunoy, Louise BOUEL, née le 5 juin 1887, à Brunoy. Il est alors affecté au 23èmeDragons à Vincennes.

En 1912, il est capitaine au 1er Spahis au Maroc, région de Fez. Est blessé et cité au combat de Mesra ed Djarf.

Rentré en France en fin 1913, il est capitaine commandant au 17ème Chasseurs à Lunéville - 1er Escadron, avec leuel il entre en campagne.

La Guerre

Le Colonel Gabriel Corrard des Essarts Chef de corps du 22ème Spahis Marocains
Le Colonel Gabriel Corrard des Essarts
Chef de corps du 22ème Spahis Marocains

En 1915, novembre, il passe chef d'escadrons au commandement du Groupe Léger de la 2èmeDivision de Cavalerie ; puis commande le 2ème Bataillon du 1er Léger. Est blessé et cité 4 fois, fait officier de la Légion d'Honneur. En octobre 1917, il passe sur sa demande au commandement du 2ème Bataillon du 37ème Régiment d'Infanterie - 20 ème Corps - prend part aux offensives qui amènent à l'Armistice de 1918. est cité 2 fois.

En 1919, il est Lieutenant-colonel au 14ème Chasseurs à Wiesbaden, Rhénanie. Passe en 1922 au commandement du 2ème Chasseurs d'Afrique à Oujda, Maroc. A la dissolution de ce régiment, et un court séjour au commandement du 4ème Spahis à Sfax, Tunisie, il fait un stage à l'Ecole d'Artillerie de Fontainebleau, à la suite duquel, il prend le commandement du 2ème Chasseurs à Pontivy. Il passe colonel en 1926 au 22ème Spahis Marocains, à Marrakech.

La retraite 1928

Est mis à la retraite en 1928, totalisant 40 ans de service, 29 campagnes, 2 blessures, 7 citations, commandeur de la Légion d'Honneur, commandeur du Ouissam Alaouite. Il se retire à Nancy, rue de la République et en 1932, à Lunéville 14 rue Erckmann. Au mois de février 1936, il est gravement maladede phlébite double avec embolie pulmonaire. Il demeure couché pendant près de 3 mois. Longues convalescence dont il n'est pas encore remis un an après*.

Décédé le 20 août 1962 à son domicile de Lunéville, 14 rue Erckmann. Inhumé à Préville. A reçu les derniers sacrements en pleine connaissance. Avait une foi ardente en Dieu**.

* NDW : cette remarque à la fin du premier cahier permet de dater assez précisément leur rédaction .. a priori 1936 - 1937.
** Ajout de sa fille Annette qui a continué à compléter un peu les cahiers, notamment sur le plan généalogique des descendances

Descendance

De son mariage avec Louise BOUEL sont nés quatre enfants :

* NDW : Ceci ne figure pas dans le cahier : ce mariage n'était pas "accepté" dans la famille (parce que Bernadette VERDELHAN des MOLLES aurait été divorcée ??)

Sa femme, Louise BOUEL

Louise BOUEL, fille du docteur Paul BOUEL, externe aux hopitaux de Paris et de Marie GALLARATI-MARINI, française d'origine italienne, est née le 5 juin 1887 à Brunoy, Seine et Oise, où ses parents passaient l'été, leur domicile habituel se trouvant à Paris, rue de Rennes n° 53, 2° étage.

Elle fut baptisée le 13 juillet 1887 en l'église St Médard à Brunoy. Parrain : son oncle Georges BOUEL ; marrainne : la Marquise de COURCIVAL, veuve du Marquis de COURCIVAL, colonel de cavalerie.

Elle fit sa première communion à la même église le 10 juillet 1898. Ses études chez ses parents, dirigées par Mme d'AYRENS, institutrice. Très musicienne, elle étudie le piano avec Mr AUBRY de POULET, directeur des concerts de ce nom. En 1904, elle se présente sans succès aux examens du brevet élémentaire, ayant été cependant admissible à l'écrit.

Mariage de Gabriel Corrard des Essarts et Louise Bouel
Mariage de Gabriel Corrard des Essarts et Louise Bouel

Le 24 avril 1911, elle épouse Gabriel CORRARD des ESSARTS, récemment affecté comme capitaine au 23ème Dragons, à Vincennes. Elle était alors présidente des enfants de Marie. Le 28 janvier 1912, elle accouche d'une fille, Françoise.

Au mois d'octobre 1912, son mari étant envoyé au Maroc, elle habite chez ses parents à Brunoy. Elle y accouche le 2 juillet 1913, de son deuxième enfant, Jean, Louis, Henri.

En novembre 1913, elle vient habiter Lunéville, rue Gambetta, 36, 1° étage, son mari venant d'être affecté au 17ème Chasseurs. En août 1914, elle est dans l'obligation de s'enfuir de Lunéville devant lebombardement des allemands et se réfugie à Brunoy, où ses deux enfants l'ont précédée. elle y demeure jusqu'en février 1919, ayant eu le 17 mai 1918 son troisième enfant, Marie Anne, dite Annette.

Louise CORRARD des ESSARTS, sa fille Françoise et son fils Jean
Louise CORRARD des ESSARTS, sa fille Françoise et son fils Jean

Elle habite Wiesbaden, Rhénanie, son mari étant lieutenant-colonel au 14ème Chasseurs de 1919 à 1922. Le 8 juin 1921, elle a son 4° enfant, Claude, décédé le lendemain. Accouchement long et pénible à la suite duquel elle se trouve dans l'obligation de se soigner longtemps.

En 1922, elle est à Pontivy, grande-rue, puis avec toute sa famille, accompagne son mari à Marrakech, Maroc, de 1926 à 1928, époque où il est mis à la retraite.

Installation à Nancy rue de la République d'octobre 1928 au mois d'août 1932, puis à Lunéville, 14 rue Erckmann, vieille maison où est mort le romancier de ce nom, et qui appartient à Fernand ROUSSELOT, directeur de l'Est Républicain pour Lunéville, où nous habitons encore 1938.

Fin du premier cahier ...

Suite - voir le cahier 2

Accueil - Table

Copyright © Martin RENARD 2011, tous droits réservés