Cahier N°2

Notices, Traditions de famille, Anecdotes, Souvenirs

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Dulong - Comte de Rosnay

(Vous pouvez naviguer à partir de la table des matières et et des liens les différents titres qui remplacent les numéros de page originaux.)

Lé Général Etienne DULONG de ROSNAY, dont le nom figure sur l'un des piliers de l'Arc de Triomphe [1] (voir photo infra) est né en 1780 à Rosnay (Aube) et mort à Paris en 1828, à l'âge de 48 ans.[2]

Lieutenant-général Louis Etienne Dulong de Rosnay
Le Général Louis Etienne Dulong de Rosnay
Dessin à la mine de plomb de 1818 (450 x 347 mm.)
par Jean-Auguste-Dominique-Ingres (1780-1867)

Il était fils d'un Mr DULONG, [Claude DULONG 1755-1781] chirurgien qui avait épousé Suzanne Félicité JANNOLLE [1756-1788], soeur d'Anne JANNOLLE, épouse de Pierre Nicolas CORRARD, juge élu à Troyes et notre aïeul. DULONG était donc le cousin germain de Nicolas Joseph CORRARD des ESSARTS leur quatrième enfant.

DULONG a servi dans l'Infanterie et, à partir de 1796, a fait toutes les campagnes du Consulat et de l'Empire. Il fut fait Comte de ROSNAY par l'Empereur.

En 1815, ayant prêté serment au Roi Louis XVIII, il ne reprit pas de service pendant les 100 jours et n'assista pas à la bataille de Waterloo.

A sa mort en 1828, il était Général des Armées du Roi, Gentilhomme de la Chambre du Roi, Grand officier de la Légion d'Honneur, Grand Croix de l'Ordre Royal de St Louis, Chevalier de la Couronne de Fer d'Autriche, Lieutenant Commandant la Compagnie d'Havré, Lieutenant-Général Gouverneur de la Corse.

C'est par son entremise auprès de Louis XVIII que Nicolas Joseph CORRARD fut autorisé, vers 1818, à adjoindre à son nom celui de des ESSARTS, porté jusque-là par son grand-oncle, FLEURIOT des ESSARTS, décédé sans enfants.

Etienne DULONG avait un frère Claude Louis [1782-1799], officier tué et disparu en Italie.

NDW : lire ici l'excellente notice (Feuille de route n° 105 de Juillet 2010) de la société historique Maréchal Suchet, Armée des Alpes qui complète grandement les informations contenues sur Dulong dans ce cahier.

Sa descendance

Des descendants de DULONG de ROSNAY existent encore à Paris, ainsi qu'en fait foi le faire-part de mariage suivant, en 1901 :

Madame DULONG de ROSNAY, la femme du général, se nommait Esther de SAGEY. Elle serait morte à Paris le 24 juin 1837, en son hôtel rue de la Chaussée d'Antin 57. (NDW : la notice historique supra précise qu'elle est née en 1785 et inhumée, effectivement en 1837 au cimetière Montmartre, chemin Guersant - 30° Division - 8° Ligne - n° 78)

De ce mariage 5 enfants [3]

Le Baron de CUSSY avait été directeur aux Affaires Etrangères, consul général à Dantzig, officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Aigle Rouge de Prusse, Chevalier des Guelfes de Hanovre. [Il est] décédé le 30 juillet 1866, en son domicile, 9 Chaussée de la Muette à Passy, dans sa 71° année.

Complément de généalogie

(Source site de généalogie de Soizic)

De son mariage avec Esther de SAGEY 1785-1837 :

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Blason

Armoiries des Dulong de Rosnay
Armoiries Dulong de Rosnay

Les Comtes DULONG de ROSNAY blasonnent :

"Ecartelé au 1° d'or ... tenant un guidon du même ; au 2° de sinople au pont rompu d'or ; au 3° de pourpre à la croix ancrée d'or qui est de SAGEY, au 4° d'argent au canon de gueule à senestre, braqué sur un château de même à dextre."

Ses lettres

Les lettres de DULONG de ROSNAY qui sont entre mes mains sont adressées à notre arrière-grand-père Pierre Nicolas CORRARD, juge à Troyes, qu'il nomme son"cher oncle". elles sont deBaden, 1° prairial, au 12 de Vienne, 1° nivôse an 14, de Moravie, de Wurtemburg en 1806, d'Espagne 1811, de France 1814.

La plus intéressante est celle qui rapporte la bataille d'Austerlitz, où, chef de bataillon, commandant le 15° Léger, en remplacement du Clonel tué, il reçoit les félicitations du Maréchal, alors Général DAVOUT. Il parle de marches forcées de 12 et 14 lieues au travers des monts de Styrie, par des sentiers mauvais et où la moitié de l'effectif reste à la traine. Il cite des villages, pris, perdus, repris par son régiment. Il sauve la vie à son propre frère blessé en abattant lui-même un grenadier hongrois qui se disposait à l'achever.

Bataille de 3 lieues de front, en présence de 3 empereurs, dit-il, bataille comme il n'en avait jamais vue, le bruit du canon s'entendant à plus de 6 lieues. Quinze mille tués, trente mille blessés.

Il constate la démoralisation des Autrichiens,la bravoure des Russes, peu habiles au maniement de la baïonnette dit-il. La déroute complète de l'adversaire.

Il exprime son contentement d'avoir pu faire nommer officier son cousin - Alexandre Hilaire CORRARD probablement - qui s'est remarquablement conduit et se trouvait dans les conditions prescrites pour l'avancement. Un décret récent fixait à 4 ans de service le temps nécessaire pour passer officier.

En 1813,après la campagne, DULONG est à Wiesbaden, où il fait une cure des eaux pour guérir ses blessures. En 1814, au cours de la Campagne de France, il donne des nouvelles de la santé de ses cousins, Alexandre Hilaire, Nicolas Joseph t sans doute aussi Alexandre césar qu'il a pu apercevoir.

Plus tard, sous la restauration, il annonce la nomination dans la garde royale, de son cousin Alexandre Hilaire, avec le grade de capitaine et le rang de chef de bataillon. Il annonce également à son "cher oncle" son mariage avec Esther de Sagey, laquelle, à son dire, dépourvue de fortune, possède par contre toutes les qualités qu'il désirait rencontrer chez sa femme.

D'autres lettres de DULONG évoquent des questions d'intérêt - vente d'une maison, prêts d'argent à ses cousins soldats, etc.... Esther elle-même écrit plusieurs fois à son "cher oncle".

Entre mes mains également une gravure parue dans un journal de l'époque, représentant DULONG, né à Rosnay, Aube le 12 octobre 1780, quittant la place de Pesaro, Italie, qu'il a défendue pendant plus d'un mois, contre les attaques d'une masse considérable d'ennemis et défilant, en tête de sa petite troupe devant les Anglais qui lui rendent les honneurs. Il avait dicté lui même les conditions de la capitulation. 15 frimaire, an 9 (6 octobre 1800)

Dans ses Mémoires, le Général MARBOT, relate en ces termes une action d'éclat de DULONG :

Mémoires Général Marbot - bibliothèque Martin Renard

" Dans sa retraite du Portugal vers l'Espagne en 1809, SOULT apprend que le pont de Puente-Novo sur le Cavado est rompu et le passage interdit par 1200 Portugais. C'est la retraite rendue impossible et la capitulation forcée. SOULT fait venir le Major DULONG, réputé pour un des plus intrépides officiers de l'Armée, lui donne 100 grenadiers de choix et le charge de surprendre pendant la nuit les ennemis qui gardent le passage. Une sorte d'assise en pierre n'ayant que 6 pouces de large était la seule partie du pont qui n'était pas détruite. DULONG suivi de 12 grenadiers s'y glisse à plat ventre et s'avance en rampant vers le poste ennemi. Le Cavado coulait avec impétuosité. Un grenadier perdit l'équilibre et tomba dans le gouffre. DULONG et ses 11 hommes atteignirent enfin la rive opposée et tombèrent sur les paysans endormis, les tuèrent et les dispersèrent tous. Les soldats portugais campés à peu de distance, croyant que l'Armée française venait de traverser le Cavado, s'enfuirent aussi. SOULT fit immédiatement réparer le pont. Ainsi, la valeur du brave DULONG sauva l'Armée. Cet officier fut grièvement blessé le lendemain en attaquant un retranchement (?) par le Portugais dans un défilé d'accès très difficile. L'intrépide DULONG fut nommé colonel. Il est mort Lieutenant-Général en 1828, à l'âge de 48 ans."

DULONG (inscrit en 1836, pilier ouest, colonne 36)

Nom de Dulong sur l'Arc de Triomphe Pilier Ouest 36° colonne en bas
Pilier Ouest de l'Arc de Triomphe

Louis Étienne DULONG DE ROSNAY, Lieutenant général (Rosnay-l'Hôpital (Aube) 12.9.1780 - Paris 19.5.1828) Fils de Claude Louis Delong, médecin chirurgien, et de Suzanne Félicité Nicole, née Jannolle, Dulong est secrétaire de la légation française à Ancône en 1799, volontaire dans une compagnie auxiliaire levée par le général Monnier le 4 mai 1799. Il s’empare de deux canons ennemis à Pesaro et est nommé sous-lieutenant de hussards le 10 mai 1799 puis capitaine en novembre 1799 après avoir été blessé plusieurs fois. Commandant la place de Pesaro en octobre, il capitule en décembre 1799 alors qu’il n’a plus que 14 hommes avec lui. Blessé au passage du Mincio en décembre 1800, Dulong est chef d’escadron en avril 1802.

Il épouse le 31 octobre 1804 à Besançon, Charlotte Joséphine Esther de Sagey qui lui donne 7 enfants, Gabriel Étienne Hermand (1805 - 1894), Jean Paul (1807 - 1849) capitaine, Scipion François Charles (1808 - ), Amélie (1810 - 1890) épouse de Ferdinand de Cussy, Adèle (1815 - 1842) épouse de Paul Émile Sain de Mannevieux, capitaine d’artillerie, Louis, Joseph Albéric (1818 - 1897).

Dulong sert à la Grande Armée en 1805, est blessé à Austerlitz et est nommé major au 31e léger en mars 1807, après Eylau. Il est employé au Portugal en 1807 - 1808 sous Junot. Colonel en juillet 1809, il sert sous Oudinot à Baza les 9 et 10 août 1811 puis à Pino del Rey le 26 août 1811. Rentré en France en septembre 1812, il est nommé général de brigade le 12 avril 1813. Baron de l’Empire le 3 juillet 1813, il est blessé à Dresde le 26 août 1813 puis commande la levée en masse dans l’Aube en janvier 1814. Lieutenant général le 18 mars 1815, Dulong s’occupe de l’organisation et du commandement des Gardes nationales durant les Cent-Jours. À la Restauration, Dulong devient comte en octobre 1827.

[1] 660 noms figurent sous l'Arc de Triomphe, celui de Louis Étienne DULONG DE ROSNAY, lieutenant général - équivalent de général de division - figure parmi les 165 noms inscrits sur le pilier ouest (Avenue de la Grande Armée / Avenue Kléber). En colonne n° 36 - voir sur le site perso consacré à tous les noms Figure également la biographie reproduite ci-dessous.)
[2] Certaines références font état de son suicide du fait des souffrances qu'il endurait suite à ses très nombreuses blessures et qu'il ne supportait plus.
[3] La biographie ci-dessous en compte sept et non cinq(six figurent d'ailleurs dans le cahier original et Joseph est intercalé entre Charles et Nelly. Les corrections / ajouts pris sur la biographie ci-dessous sont en italique.

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