Capitaine Claude Barrès

1925 - 1959

Mort pour la France
Commandeur de la Légion d'Honneur
Médaille Militaire
6 citations

Capitaine Claude Barrès portrait image mortuaire
Capitaine Claude Barrès

Note du webmaster : Claude Barrès était le petit-fils de Maurice Barrès, écrivain, qui a élevé ma grand-mère, Anne Boidot à partir de la mort de son papa, Le chef de Bataillon du Génie Marcel Boidot, Mort pour la France le 7 septembre 1914 et dont l'épouse, Madeleine, née Lucas de Pesloüan, était décédée un an et demi jour pour jour plus tôt (le 7 mars 1913), en donnant naissance de sa fille Madeleine. Il était le fils de Philippe Barrès, cousin issus de germain d'Anne Boidot et la parrain d'Etienne, deuxième fils de cette dernière, son cousin issu d'issus de germains. Ce dernier, alors commandant les Ecoles de Coëtquidan eu le privilège de baptiser la promotion de l'Ecole Militaire Interarmes du nom de son glorieux parrain. Voir l'arbre de parenté (Source généalogie Soizic Renard sur Geneanet)

Ecoutez le chant de la promotion EMIA
Capitaine Barrès

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Enfance

Claude [Henri, Maurice] Barrès naît le 22 mars 1925 à Paris (XVIème). Il est le petit-fils de l'écrivain Maurice Barrès. Son père Philippe Barrès est journaliste et homme politique et sa mère Ethel Gregson est une Anglaise, née à Leeds. Le frère de cette dernière, officier de la Navy, a été tué en 1914.

Lorsque Claude naît, son célèbre grand-père est mort depuis deux ans mais il est élevé par sa grand-mère et ses parents dans le souvenir permanent de ce grand homme. Sa famille réside d'ailleurs dans l'hôtel particulier du Boulevard Maillot à Neuilly ; il passe ses vacances en Lorraine, dans la maison de Charmes (Vosges) et le château de Mirabeau, dans la Lubéron, d'où il se rend souvent sur la côte à Cavalière (120 km), dès l'âge de dix ans ! Ces trois maisons auront une importance toute particulière dans sa vie.

Le bouleavrd Maillot à Neuilly (92) aujourd'hui Boulevard Maurice Barrès
Le Boulevard Maillot à Neuilly (92)

Charmes, la Maison de amurice Barrès, aquarelle Richard Malon
La maison de Maurice Barrès à Charmes (88)

Le château de Mirabeau (84) propriété de Maurice Barrès
Le château de Mirabeau (84)

Claude Barrès bébé (Source Album Barrès sur BNF Gallica)
Claude Barrès bébé (à confirmer)
(Source Gallica)

A Neuilly, c'est d'ailleurs dans l'ancienne chambre du grand-homme que sa grand-mère installe celle de son petit-fils. Il sera baigné dès sa plus tendre enfance des oeuvres de son grand-père que sa mère lui fera connaître, tout comme la littérature de son pays natal ; il puisera dans l'immense bibliothèque nombre d'ouvrages qui construiront son caractère.

Claude Barrès et sa grand-mère (Source Album Barrès sur BNF Gallica)
Claude et sa grand-mère (à confirmer)
(Source Gallica)

Sa grand-mère avec qui il s'entend parfaitement et qui, son mari n'étant plus, se consacre entièrement à son petit-fils en qui elle retrouve des traits de caractère de son défunt époux, lui fait découvrir les livres que Maurice Barrès enfant aimait à la passion. Walter Scott Richard en Palestine, Ivanhoe, Quentin Durward. Claude se passionne pour les aventures, La Bannière bleue de Léon Cahun. Les amis de son grand-père dont la dramaturge et romancière Gyp, comtesse de Martel, née Mirabeau, la fidèle amie de ses grands-parents et de ses parents, chez qui ils déjeunent chaque dimanche et à qui son grand-père a acheté le château de Mirabeau, lui raconte de nombreuses histoires et évoque notamment la vie du Prince Impérial, ses combats, sa mort chez les Zoulous.

Le fils de Gyp Thierry de Martel qui déjeune souvent avec eux, neurochirurgien très réputé, est le parrain de Claude ; les récits d'Aymar de Martel sur les Spahis au Sénégal et ceux du parrain émerveillent également l'enfant, tout comme ceux des camarades de guerre de son père et de nombreux autres amis célèbres dont le Maréchal Lyautey qui, à Thorey, lui raconte ses souvenirs de Langson, de Caobang, de la Rivière Claire1. Tout ce qui est poignant, étrange ou lointain le captive. Edgar Poe, Fenimore Cooper, Walter Scott. Fils d'une anglaise il lira d'un trait Stevenson et Conrad.

L'Hotel l'Esplanade au Tiergarten à Berlin, lieu de séjour des Barrès dans les années 30
L'Hotel l'Esplanade au Tiergarten à Berlin,
lieu de séjour des Barrès dans les années 30

Comme son grand-père qui écrivait dans ses Cahiers qu'il devait aux lectures de son enfance sa passion du romanesque, Claude aussi songe à l'Asie ; il veut s'élancer vers l'Orient et l'Extrême-Orient. En attendant, que ce soit à Neuilly, à Charmes ou à Mirabeau, c'est un garçon très sportif et actif qui part sans cesse à la découverte seul et s'aguerrit dans toutes les situations, même les plus graves.

En 1933, son père part à Berlin en tant qu'envoyé spécial du Matin. Il s'y rend souvent avec sa mère, assiste progressivement à la montée de l'Allemagne nazie et s'étonne du peu de réaction que cela suscite en France lorsqu'il y revient. En 1936 - 1937 il s'inquiète pour son père, toujours à Berlin et de l'isolement qui se fait autour de ce dernier du fait de ce qu'il écrit sur l'Allemagne. Munich et la molesse des réactions le rendent furieux, il vit à treize ans toutes les composantes du drame qui se prépare.

En 1935, il est gravement affecté par la mort de sa grand-mère, toute sa vie dans les circonstances graves, Claude se tournera vers elle et prononcera son nom. Les grands rassemblement hitlériens et les serments de revanche contre la France le hantent, il a le sentiment que de graves dangers menacent son pays, il craint pour son père qui en 1938 doit repartir pour Berlin et se prépare ; nul ne le pousse vers l'armée, c'est lui-même qui choisira sa vocation.

Notes
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1 - Plus tard Claude emportera dans sa cantine les Lettres du Tonkin et de Madagascar.

Adolescent dans la guerre

Le château de Léran propriété des Levis-Mirepoix
Le château de Léran dans l'Ariège
propriété des Levis-Mirepoix

En 1940, lors de la débacle il a tout juste 15 ans. Il a vécu La Drôle de Guerre en allant rendre visite à son père mobilisé, au 1ée Dragons à Pontoise puis au Grand Quartier Général (GQG) à La Ferté-sous-Jouarre et déplore l'état d'esprit général et l'immobilisme qu'il compare à ce qu'il a vu en Allemagne. Il bout d'impatience, économise pour s'acheter un fusil et c'est parce que le seul homme de la maison et se sentant responsable de sa mère qu'il accepte de l'accompagner en emmenant ce fusil et s'engage sur les routes vers le Sud dans la débâcle au volant de la Chrysler avec cette dernière et une amie, la Duchesse de Lévis-Mirepoix chez qui ils se rendant au château de Léran dans l'Ariège, en passant par la Sologne chez Jean Prouvost, le patron de presse devenu depuis peu Ministre de l'Information.

C'est en se rendant à Bordeaux pour y retrouver Philippe qu'ils apprennent la demande d'armistice et l'ambiance de la défaite qu'il côtoie dans les hôtels de Bordeaux où son père assure la liaison entre le GQG et le Ministère de l'Information le révolte. Il veut comme son père continuer et se battre mais c'est seul que ce dernier embarque sur un navire militaire anglais (le Arandora star) vers l'Angleterre après les avoir confiés le 20 juin à la frontière d'Hendaye à Pierre Lazareff, autre patron de presse et futur grand producteur de télévision qui, juif d'origine, fuit vers les Etats-Unis. Claude fuit l'hôtel à Irun, repasse la frontière mais est ramené à sa mère par la police et il décide devant l'angoisse de cette dernière de la suivre au Portugal. A Lisbonne après de longues démarches fastidieuses, Ethel Barrès qui souhaite rejoindre son pays natal et son mari mais ne trouvant pas de places sur un bateau, elle opte finalement pour les Etats-Unis, a bord d'un bateau portugais où ils partagent leur cabine avec les trois membres de la famille Lazareff. Ils embarquent le 8 août 1940.

L'hôtel May Flower à New-York où logent les Barrès en arrivant aux Etats-Unis en 1940
L'hôtel May Flower à New-York

L'hôtel May Flower à New-York où logent les Barrès en arrivant aux Etats-Unis en 1940
Le Ritz Tower hôtel
à New-York

Claude et sa mère arrivent à New-York, il logent tout d'abord à l'Hôtel May Flower, juste devant Central Park qui lui rappelle Berlin, l'Hôtel Esplanade en face du Tiergarten. Cette impression est accentuée par le nombre de Hollandais et Allemands logeant dans l'hôtel. et tout de suite Claude fait part à son père des mêmes sentiments de révolte qu'il éprouvait à Bordeaux devant les facilités et la France d'outremer qu'il découvre aux actualités, le 27 août il écrit à son père :

Son père le rassure, partage son dégoût de ce qu'il a vu en France et que Claude voit dans les journaux, il l'assure qu'en Angleterre l'ambiance est autre et que la résistance est forte avec les troupes du Général De Gaulle qui commencent à s'organiser et que les Français de l'intérieur vont reprendre confiance. Claude et sa maman logent maintenant au Ritz Tower hôtel, sur Park Avenue.

Claude Barrès fait ses études au lycée français, où il est en seconde. Il fréquente de jeunes Français chez la Princesse Chavchavadzé avec qui il devient ami et dont certains s'engageront, comme lui pour la France, comme soldat ou infirmière. Il partage avec eux la nostalgie de la France et le sentiment que leurs parents les ont fourvoyés en les emmenant en Amérique. Il bout d'impatience d'aller se battre pour son pays et "s'entraîne" physiquement, notamment en nageant en mer pendant de longues heures sans se soucier des avertissements des gardes-côtes. Il veut ainsi se préparer à un éventuel naufrage lors de sa future traversée vers l'Angleterre.

Claude Barrès est toujours tourmenté, l'entrée en guerre de l'Amérique, puis de la Russie viennent un peu tempérer son impatience désespérée.Son père continue à l'encourager sur l'avenir avant de rejoindre sa famille au début 1941 à New-York. Les Barrès occupent alors un petit quatre pièces au N°16 East 54 Street.

Il fait le siège du Consulat de France et de ses parents qui ont bien compris qu'ils ne pourront le retenir plus avant. Son père parvient à le convaincre qu'il doit devenir officier pour peser davantage dans la combat et que le vrai courage consiste à attendre encore un peu pour cela. Lorsqu'il obtient enfin son

Claude Barrès - Cadet de la France Libre Promotion Corde et Savoie 1943
Claude Barrès
Cadet de la France Libre

Le cargo norvégien SCEBELI sur lequel Claude Barrès rejoignit l'Angleterre en décembre 1942 - ce bateau fut coulé au retour par un U Boot en 1943
Le cargo norvégien SCEBELI

Engagé pour la durée de la guerre (plus trois mois) devant le Consul de France à New-York le 12 septembre 1942, il embarque deux mois plus tard, le 12 décembre sur le cargo SCEBELI, cargo norvégien construit en 19371, et débarque à Liverpool le 12 janvier 1943.

Il est admis à suivre les cours de l'école des cadets de la France Libre à Ribbersford qu'il rejoint le 1er février 1943 en qualité d'Élève Aspirant. Il appartient à la 4ème promotion issue de cette école (promotion Corse et Savoie).

Claude Barrès est impatient comme beaucoup de se battre et ronge son frein, comme il l'écrit à sa mère dans une lettre :

Il nommé Aspirant à sa sortie d'école onze mois plus tard, le 1er décembre 1943.

Notes
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1 - L'on parle souvent des évadés de la France Libre ayant rejoint Londres en quittant le territoire français mais de nombreux cadets sont arrivés du monde entier (cf. page "Les Cadets venus du bout du monde" du site de l'Association des Cadets de la France Libre) et les voyages en bateau n'étaient pas sans risques, surtout depuis l'entrée en guerre des États-Unis quelques jours avant l'embarquement de, la preuve en est, le cargo qui transporta Claude Barrès de New-York à Liverpoll fut coulé par un U-Boot quelques mois plus tard, sur le chemin du retour, le

La Promotion Corse et Savoie

Source : Association Cadets de la France Libre

La quatrième promotion d'aspirants est baptisée Corse et Savoie le 12 décembre 1943. Elle compte 33 aspirants qui sont de très jeunes évadés, mais assure aussi la promotion au rang d'officier de volontaires ayant déjà participé aux campagnes d'Afrique

Insigne Cadets de la France Libre - ASCFL Site https://cadetfrancelibre.fr/

Insigne Promotion Corse et Savoie (1943) des Cadets de la France Libre - ASCFL Site https://cadetfrancelibre.fr/

Promotion Corse et Savoie (1943) des Cadets de la France Libre - Claude Barrès debout à droite du fanion (Photo ASCFL Site https://cadetfrancelibre.fr/)

Sur la photo, on reconnait

Les noms soulignés sont ceux des nouveaux aspirants

10 des nouveaux aspirants vont mourir pour la France:

Il est affecté à Old Deam Camp à Camberley, garnison du 3ème Bataillon d'Infanterie de l'Air, récemment créé, et admis dans l'Armée de l'Air le 2 février 1944.

Les parachutistes SAS Français

Brevet parachutiste britannique
Brevet para britannique
(sur la manche droite)

Brevet parachutiste de la France Libre
Brevet para de la France Libre
(au-dessus poche droite)

Insigne de manche 3e SAS
Insigne de manche 3e SAS
(sur la manche gauche)


Ailes SAS
SAS OPS wings
(au-dessus poche gauche)

Le brevet de parachutiste anglais s'obtient après huit sauts : deux à partir d'un ballon captif, cinq à partir d'avion et enfin un dernier saut de nuit à nouveau à partir d'un ballon. L'insigne français reçu par les élèves pour sanctionner la formation a été conçu par le capitaine Bergé, il est en tissu et est cousu sur la poitrine.

Insigne de manche para - Pegasus
Insigne de manche para - Pegasus
Titre d'épaules FRANCE
et Insigne des paras Britanniques
(sur chaque manche)

Il existe en novembre 1943 deux bataillons SAS français. Le 3e Bataillon d'Infanterie de l'Air du capitaine Chateau-Jobert (dit Conan) et le 1er BIA qui prend maintenant la dénomination de 4e Bataillon d'Infanterie de l'Air du Commandant Bourgoin (dit le Manchot). A la fin du mois de novembre le principe du rattachement des deux bataillons parachutistes FFL à une Brigade SAS britannique est admis. Le brigadier Roddy Mc Leod prend le commandement de cette unité qui doit se regrouper en Ecosse. La Brigade compte désormais deux bataillons français baptisés 3rd et 4th SAS.

Le transfert de la demi-brigade en Écosse a lieu à la fin du mois de janvier 1944. Le 1er avril, les deux BIA prennent le nom de régiment de chasseurs parachutistes (RCP). Les 3e et 4e BIA deviennent ainsi respectivement les 3e et 2e RCP.

La mission des SAS est celle des commandos. Contrairement aux troupes parachutistes classiques, leur rôle n'est pas d'engager l'armée allemande mais d'opérer sur les arrières des missions de sabotage et de harcèlement. Dépourvue d'appui, les missions sont menées par de petites équipes, souvent de la taille d'un stick, qui agissent rapidement et décrochent aussitôt.

La composition d'un régiment SAS, dont la taille avoisine en fait celle d'un gros bataillon d'infanterie, est en théorie de 600 hommes répartis en :

Le taux d'encadrement de l'unité est deux fois supérieur à celui d'un bataillon. Il compte en effet soixante à soixante-cinq officiers et soixante-dix sous-officiers soit le cinquième de l'effectif total.

Chaque homme est équipé d'un Colt 45, un poignard US et une carabine à crosse repliable ou une mitraillette Sten. L'armement collectif se résume à des fusils mitrailleurs Bren et des armes antichar de type Bazooka ou Piat.

Le commandant Chateau-Jobert dit Conan - commandant le 3e SAS
Cdt Chateau-Jobert dit Conan

Le bombardier Short Stirling MKV avion des opérations SAS photo source : association SAS Pegasushttp://association-sas.chez-alice.fr/Pge%20BombStirling.htm
Le bombardier Short Stirling MKV avion des opérations SAS

Le 15 août, il est "affecté" selon son état signalétique et des services (en fait engagé en opérations) au sein du 3ème bataillon d'infanterie de l'air en France "sur les arrières de l'ennemi", aux ordres du commandant Château-Jobert, dit "Conan".

Dans les faits c'est dans la nuit du 14 au 15 août 1944, qu'à la tête de deux sticks, il va être parachuté au Nord de Lyon avec pour mission d'intercepter les éléments de l'armée allemande qui battent en retraite en suivant la Nationale n°7. Il dira plus tard à son père :

Son bataillon va être parachuté et réparti sur tout le territoire, une compagnie en Bretagne, une autre vers La Rochelle, et une dans le Centre. Celles-ci seront en liaison avec les FFI, tandis que la quatrième travaillera sous les ordres du Général de Lattre.

Opération JOCKWORTH

L'Opération JOCKWORTH qui comporte 57 hommes du 3ème RCP, sous le commandement du Capitaine Paumier a pour but de harceler les mouvements de l'ennemi sur les routes et voies ferrées entre Lyon/Saint Etienne/Vienne. Pour cette mission sont parachutés 37 hommes :

A - dans la nuit du 14 au 15 août, au col de la Casse Froide sur la DZ Heliotrope, près de Marchampt (69), à partir des Stirling n°12, n°13 et n° 14 du RAF 190 Fairford, pilotés par P/O Atkinson, W/O Middleton et P/O Port, sont largués :

B - nuit du 14 au 15 août, (ce parachutage pourrait avoir eu lieu dans la nuit du 15 au 16) à l'Aubépin, sur la DZ Vinaigrette, commune de Larajasse, entre Saint Symphorien sur Coise et Sainte Catherine (69)

Le vol durera cinq heures. Au milieu de la nuit, un homme de l'équipage s'accroupit auprès de la trappe. Chacun serre son kit-bag autour de ses jambes et accroche son anneau à la static-line. La mission porte le nom de code "Jocworth", Claude Barrès commande le Stick VI du 3ème SAS largué sur la drop zone Heliotrope au Col de la Casse Froide, Marchampt (Rhône), dans les monts du Beaujolais, à 20 km au Nord Ouest de Villefranche-sur-Saône.

Au lendemain de cette nuit miraculeuse Claude écrit :

Le bombardier Short Stirling MKV avion des opérations SAS, la trappe de largage - photo source : association SAS Pegasushttp://association-sas.chez-alice.fr/Pge%20BombStirling.htm
La trappe arrière (détail ici)

Claude, qui est très grand, est forcé de se tenir plié en deux, les bras appuyés de chaque côté de la carlingue. Au bour d'un quart d'heure, il ne peut réprimer des tremblements de fatigue et sent le poids de l'homme qui est derrière lui.

Au sol ils sont accueillis par des résistants, ceux-ci s'étonnent de voir, parmis leurs libérateurs un si jeune enfant.

Médaille Militaire

Croix de guerre 39-45 avec palme

Croix de guerre 39-45 avec palme & Médaille Militaire

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Engagé volontaire à dix-sept ans. Parachuté en France le 15 août 1944 a pris le commandement des sticks 5 et 6 de la 1ère Compagnie. En quinze jours a accompli presque journellement des reconnaissances audacieuses qui lui permirent au cours de huit attaques et embuscades (dna sle Rhône jusqu'au 4 septembre 1944) d'anéantir un important matériel ennemi. Par son action a ralenti considérablement le repli des toupes allemandessur l'itinéraire qui dépendait de son secteur.

Citation à l'ordre de l'Armée portant attribution de la Médaille Militaire

Claude Barrès - Jeune officier SAS printemps 1945 - Photo Général Etienne Renard, son filleul - souvenir de ses retrouvailles avec son parrain à Dombasle (54) au printemps 1945
Claude Barrès jeune officier SAS 1945
Médaille Militaire et Croix de Guerre

Au printemps de l'année 1945, la France est entièrement libérée, mais Claude Barrès poursuit le combat jusque en Hollande où il est parachuté au mois d'avril, derrière les lignes ennemies. http://association-sas.chez-alice.fr/PgeHollande.htm

Opération AMHERST

Fin mars 1945, les Alliés progressent à travers la Rhur et l'Europe du Nord. Ils approchent rapidement des Pays-Bas mais la Reine Wilhelmine craint que les combats n'entraînent des dégâts importants pour son Pays. Elle émet alors le souhait que des unités parachutistes soient larguées pour en faciliter la libération.

Le 28 mars, le brigadier general Mike Calvert, commandant la Brigade SAS, propose l'intervention des parachutistes SAS français des 3rd et 4th SAS Battalion.

Le 3 avril, les hommes sont placés en état d'alerte puis dirigés le lendemain vers le camp secret de Mushroom Farm dans l'Essex.

A partir de 19h30 le 7 avril 1945, 47 avions Stirling du 38 Group RAF décollent des aérodromes de Sheperds Grove, Rivenhall et Great Dunmow.

Dans le cadre de la mission Amherst, ces avions transportent 705 hommes des 3rd et 4th SAS ainsi qu'une équipe Jedburgh. Les SAS sont chargés de harceler les unités ennemies, monter des embuscades et s'emparer de quelques points de communication stratégiques afin de faciliter la progression de la 1re Armée Canadienne à travers la province de Drenthe au Pays-Bas.

Les parachutistes SAS doivent être parachutés sur un axe entre Hoogeveen et Groningen sur 20 Dropping-zones différentes. Chaque stick est composé de 15 hommes.

Stick 34

Pour cette opération, le lieutenant Ferchaud s'associe à son camarade Claude Barrès pour constituer deux demi-sticks.

A 19h39, les quinze hommes décollent de l'aérodrome de Great Dunmow à bord d'un Stirling du 190 squadron RAF. Les SAS doivent opérer en relation avec le stick Rouan au nord de la zone du 3e SAS entre Assen et Groningen.

Le parachutage se déroule bien et les hommes tombent non loin de la DZ prévue mais en bordure de la route Vries - Assen tandis qu'un convoi ennemi circule de nuit. Aussitôt, les hommes sont dispersés et l'éclatement du stick est immédiat. Le sous-lieutenant Barrès rassemble quelques hommes dont Jean Mayer, Pierre Rossini et Marcel Mauchaussé et ensemble, ils effectuent des patrouilles dans le secteur. Le 9 avril, ils atteignent Zuidweld, coupent les fils téléphoniques et montent une série d'embuscades. Le 14 avril, ils rejoignent le bataillon à Assen. De son côté, le Cpl/C Angeli regroupe quelques hommes et effectue des missions de harcèlement. Pour sa part, isolé, Joseph Tafani se met en civil et effectue des missions de renseignement. De même, le lieutenant Ferchaud erre seul un moment mais parvient à trouver le stick Raillard dans la journée du 10 avril. Ensemble, ils assurent la libération de Bovensmilde le 13 avril.

Croix de guerre 39-45 avec palme

Croix de guerre 39-45 avec palme

Croix de guerre 39-45 avec palme

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Très jeune officier, audacieux et plein d'allant. Parachuté derrière les lignes ennemies en Hollande, à Assen, le 7 avril 1945. Dans des circonstances rendues particulièrement difficiles par la suite de la présence d'un convoi ennemi à proximité de la zone d'atterrissage, a réussi à regrouper une partie de son stick et en dépit d'un effectif réduit et d'un armement insuffisant, a infligé à l'ennemi des pertes sérieuses tant en hommes qu'en matériel au cours de nombreuses embuscades.

Citation à l'ordre de l'Armée du 6 août 1945

En 1950, on retrouve le lieutenant Barrès en Indochine, à l'état-major opérationnel des forces spéciales aéroportées. Au cours des quatre années qui suivent, il sert successivement au 5° BCCP, puis au GCMA, le fameux Groupement de Commandos Mixtes Aéroportés, dont la mission est de créer l'insécurité dans la jungle, sur les arrières du Viet-Minh, où il est parachuté à plusieurs reprises.

Insigne de la 2nd US ID que portatait le capitaine Claude Barrès en Corée
Insigne de la 2nd US ID

Le capitaine Claude Barrès est décoré en Corée
Le capitaine Claude Barrès est décoré en Corée

Il sert également comme volontaire en Corée où il est blessé, puis, après sa convalescence, au 3e Bataillon Etranger de Parachutistes.

En 1954, le capitaine Barrès devient membre du Service "Action" du SDECE.

L'année 1958 voit le capitaine Barrès prendre la tête de la 5e compagnie du 9e RCP en Algérie où il démontre à nouveau son allant et ses qualités de chef charismatique et audacieux. Mais bientôt, sa légendaire baraka va l'abandonner. Au cours d'une opération dans le Djebel Harraba à la frontière tunisienne, en donnant l'assaut à une position rebelle, il est fauché d'une rafale d'arme automatique, à la tête de ses hommes.

Tué au combat à 34 ans, en pleine gloire, ce combattant volontaire était commandeur de la Légion d'Honneur, Médaillé Militaire et décoré de la croix de guerre 1939-1945 et des Théâtres d'Opérations Extérieurs (3 à l'ordre de l'Armée - Palme - 1 du Corps d'Armée - Etoile de vermeil et 1 de la Division - Etoile d'argent) et de la croix de la Valeur Militaire (A l'odre de la Division - Etoile d'argent) soit titulaire de 6 citations.

En 1960, les EOR de la Promotion 102 de l'Ecole de Cherchell, dont plusieurs devaient eux aussi tomber au combat, le choisirent comme Parrain.

En 1993, son nom sera donné à la 54e promotion d'élèves officiers de l'EMIA, à Coëtquidan. Une stèle été élevée en son honneur à l'entrée de la zone de saut de l'école.

Eloge funèbre du Général Koenig

"...oui, qu'à leur tour, Capitaine Claude Barrès, les anges de notre Dieu, le Dieu des Armées, vous conduisent vers ce Ciel d'où vous êtes descendu tant de fois pour l'honneur de votre nom, pour la justification de votre vocation et pour la gloire de nos drapeaux!" Cénéral KOENIG

Un héros révolté, Claude Barrès - Pierre Lyautey  Julliard 1959 Un héros révolté, Claude Barrès - Pierre Lyautey  Julliard 1959

Sources / Bibliographie : Site des Cadets de la France Libre - FNCV - Wikipédia - Base Léonore - Site Association SAS - Site Association "Vieilles tiges" - "Un héros révolté Claude Barrès" de Pierre Lyautey (Julliard 1959) - "L'orgueil du Guerrier Claude Barrès" d'Eric Deschot (Perrin 1994).

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Soldats de la famille Boidot

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